À quelques heures du coup d’envoi du huitième de finale de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations, qui oppose les Lions de la Teranga aux Faucons du Soudan, le président de l’Association internationale de la presse sportive (AIPS) zone Afrique et journaliste sportif sénégalais Abdoulaye Thiam a livré son analyse à la rédaction de FootGabon.
« Le Soudan n’est pas une sélection de seconde zone »
Vainqueur de l’édition 2022 au Cameroun, le Sénégal, éliminé dès les huitièmes de finale lors de l’édition suivante en Côte d’Ivoire, retrouve cet après-midi une sélection soudanaise qu’il connaît déjà. « Le Soudan est une formation que le Sénégal connaît particulièrement pour l’avoir jouée lors des éliminatoires du Mondial 2026. Nous nous sommes rencontrés à deux reprises : à Dakar, l’équipe du Sénégal les avait battus 2-0 et, en déplacement à Benghazi (Libye), on avait fait match nul (0-0). Ce qui veut dire qu’il ne faut pas considérer cette sélection-là comme étant une sélection de seconde zone. C’est une sélection qui mérite respect et considération, d’autant plus qu’ils sont arrivés jusqu’en demi-finale du dernier CHAN. »
Le patron de l’AIPS Afrique insiste également sur l’influence du sélectionneur ghanéen Kwesi Appiah, qu’il présente comme un élément déterminant dans la progression des Faucons. « Ils ont surtout un sélectionneur dont le nom force le respect : c’est Appiah. Il a été celui qui a offert au Ghana sa quatrième étoile en 1982. C’est le premier sélectionneur noir du Ghana à avoir amené l’équipe nationale lors de la Coupe du monde en 2014 au Brésil. C’est cet entraîneur-là, aujourd’hui, qui transforme les difficultés en triomphe et qui est à la tête des Faucons. Donc il faut faire très attention. »
Un Sénégal solide… mais encore perfectible devant le but
Sur la sélection sénégalaise, Abdoulaye Thiam estime que les Lions restent une nation à craindre dans cette CAN, notamment grâce à la profondeur de leur effectif. « Le Sénégal est un véritable foudre de guerre dans cette Coupe d’Afrique. Ils ont un banc extrêmement important parce que, je crois, dans une sélection, la première des choses qu’il faut regarder, c’est le banc. Vous avez vu qu’à chaque fois qu’il y a des changements, notamment des jeunes aux dents longues comme Ibrahim Mbaye, qui arrive à percuter n’importe quelle défense. Au niveau du milieu de terrain, le Sénégal n’a plus rien à envier à aucune sélection en Afrique. »
Le journaliste pointe toutefois une limite qui pourrait coûter cher dans un match à élimination directe : l’efficacité offensive. « La plus grosse inquiétude aujourd’hui au Sénégal, c’est par rapport à l’inefficacité offensive. Nous nous procurons beaucoup d’occasions, mais les attaquants sont moins cliniques que jadis, ce qu’on connaissait des Sénégalais. »
« Match couperet » : le Sénégal a tout à perdre
Enfin, Abdoulaye Thiam a rappelé la nature particulière de ce type de rendez-vous, où la hiérarchie peut vaciller. « C’est un match couperet, il faut faire très attention, d’autant plus que le Soudan n’a absolument rien à perdre. S’ils venaient à prendre 3-0, il n’y a pas de quoi fouetter un chat, ce n’est pas pour ce résultat qu’on va virer le sélectionneur. Mais s’ils arrivaient à amener le Sénégal jusqu’à la séance fatidique des tirs au but, ça restera de la loterie, donc tout un chacun pourrait gagner cette rencontre-là. Donc le Sénégal a tout à perdre et le Soudan a tout à gagner dans ce huitième de finale. Toutefois, je pense que le Sénégal part très largement favori. »